{"id":4909,"date":"2020-09-30T02:56:14","date_gmt":"2020-09-30T02:56:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mayasa-alsowaidi.com\/?p=4909"},"modified":"2022-08-28T09:23:06","modified_gmt":"2022-08-28T09:23:06","slug":"des-maisons-riches-en-reveries","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mayasa-alsowaidi.com\/fr\/4909\/","title":{"rendered":"Des maisons riches en r\u00eaveries"},"content":{"rendered":"<p dir=\"ltr\">Nous restons toujours habit\u00e9s par des multitudes de sentiments profond\u00e9ment ancr\u00e9s dans nos \u00e2mes et de charmants souvenirs de toutes les maisons o\u00f9 nous avons v\u00e9cu autrefois. L\u00e0-bas, nous avons vu s\u2019\u00e9panouir les d\u00e9buts de nos r\u00eaves, nos petites joies quotidiennes et la d\u00e9couverte ainsi que la connaissance de soi. Ces maisons vers lesquelles nous retournons dans nos r\u00eaves sont notre v\u00e9ritable foyer de la m\u00e9moire. Tant de nos souvenirs sont pr\u00e9serv\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 cette maison d&rsquo;enfance o\u00f9 ils s\u2019\u00e9taient enracin\u00e9s ainsi que dans les lointains fonds de nos \u00e2mes. Ces demeures \u00e9taient notre premier monde humain, riche en r\u00eaverie qui ne se donne pas facilement \u00e0 la description. Ce sont des lieux dans lesquels les \u00eatres humains ont v\u00e9cu non seulement objectivement, mais avec tous les pr\u00e9jug\u00e9s d&rsquo;imagination. Et il se peut que nous puissions tout dire sur le pr\u00e9sent, mais qu&rsquo;en est-il du pass\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Ces souvenirs restent un solide r\u00e9seau de notre conscience, malgr\u00e9 leur \u00e9ventuelle absence dans la r\u00e9alit\u00e9. Que nous sommes rest\u00e9s chez nous pendant le long des mois derniers de la p\u00e9riode de la pand\u00e9mie de \u00ab\u00a0Covid-19\u00a0\u00bb n&rsquo;est peut-\u00eatre pas de notre choix, mais il n&rsquo;est pas non plus une contrainte ou un isolement du monde, car la maison est consid\u00e9r\u00e9e comme un abri de tout danger potentiel. La maison, comme l\u2019a d\u00e9crite Gaston Bachelard, dans son livre \u00abLa po\u00e9tique de l\u2019espace\u00bb, est notre propre coin dans le monde. Il est, comme on le dit toujours et \u00e0 maintes reprises, notre premier univers. Un v\u00e9ritable univers au plein sens du mot. Selon Bachelard, l&rsquo;importance de la maison d&rsquo;enfance r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 de \u00abprot\u00e9ger les r\u00eaveries et de permettre \u00e0 une personne de r\u00eaver paisiblement\u00bb.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Maison d&rsquo;enfance<\/p>\n<p dir=\"ltr\">De l\u00e0, la maison occupait une place importante, o\u00f9 les souvenirs d&rsquo;enfance s\u2019entrelacent avec l&rsquo;imagination pour s\u2019identifier \u00e0 cet endroit qui nous habite au lieu d&rsquo;y habiter. L\u00e0-bas, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir ce qui nous entoure pour constituer nos propres concepts. Le c\u00e9l\u00e8bre psychologue Sigmund Freud, fondateur de la th\u00e9orie psychanalytique, confirme que le lieu de l&rsquo;enfance est le cadre naturel des histoires qui apparaissent dans les r\u00eaves d&rsquo;une personne, quel que soit son \u00e2ge. Il souligne l&rsquo;importance des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es dans la vie d\u2019une personne, qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme la base pour former l&rsquo;essence et la quintessence de la personnalit\u00e9 d&rsquo;un individu, quel que soit le nombre d&rsquo;exp\u00e9riences et de connaissances qu&rsquo;il accumule dans la vie. La raison en est que la relation avec le lieu met une formule de l&rsquo;exp\u00e9rience dans le cerveau humain. Et cette relation devient la premi\u00e8re formule si elle dispose des facteurs de stabilit\u00e9 et de conscience qui sont les plus solides. Il est donc naturel que la nostalgie de l\u2019\u00eatre humain pour sa premi\u00e8re maison soit souvent pr\u00e9dominante par apport \u00e0 n&rsquo;importe quelle autre maison, comme le po\u00e8te Abou Tamam l&rsquo;a exprim\u00e9 dans son c\u00e9l\u00e8bre ver\u00a0: \u00abNombreuses sont les maisons que le gar\u00e7on appr\u00e9cie sur cette terre\/\/ N\u00e9anmoins son d\u00e9sir demeure toujours pour sa premi\u00e8re maison\u00bb.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Maison des souvenirs<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Bachelard souligne dans son livre \u00abLa po\u00e9tique de l\u2019espace\u00bb que lorsque nous habitons une nouvelle maison, les souvenirs des autres demeures dans lesquelles nous avions v\u00e9cu auparavant nous reviennent successivement. L\u00e0 o\u00f9 nous nous d\u00e9pla\u00e7ons, les souvenirs d&rsquo;enfance nous accompagnent. La maison qui a t\u00e9moign\u00e9 de notre naissance est concr\u00e8tement grav\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de nous, donc nous ne tr\u00e9bucherons pas violemment, et nous pousserons avec le m\u00eame mouvement la porte qui grincera comme dans notre enfance quand nous nous y d\u00e9pla\u00e7ons. Nous pourrons trouver notre chemin malgr\u00e9 l\u2019obscurit\u00e9 dans le lointain grenier et nous pourrons ouvrir le placard en constatant qu\u2019il pr\u00e9serve encore un parfum unique qui nous submerge. Nous essaierons de reconqu\u00e9rir la lumi\u00e8re et les odeurs dans les pi\u00e8ces vides comme si nous cherchons une empreinte, un sceau \u00e9th\u00e9r\u00e9 dans chacune des chambres de la maison de notre m\u00e9moire.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">C&rsquo;est l\u00e0 que nous avons tout appris pour la premi\u00e8re fois. La maison o\u00f9 nous sommes n\u00e9s est beaucoup plus qu&rsquo;une simple incarnation d&rsquo;un g\u00eete mais plut\u00f4t une incarnation de r\u00eaves et des voix bien-aim\u00e9es qui sont maintenant \u00e9teintes et silencieuses. Nous pouvons dire que chacun de nous a une maison de m\u00e9moire qui ressemble \u00e0 un r\u00eave \u00e9gar\u00e9 dans l&rsquo;ombre de notre pass\u00e9, et nous pouvons \u00eatre surpris quand nous revenons \u00e0 la vieille maison, apr\u00e8s une longue errance pendant de longues ann\u00e9es. Les plus petits gestes et d\u00e9tails reprennent vie et toutes les images, simples et grandes, r\u00e9v\u00e8lent une bonne partie de notre \u00e9tat psychologique.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">On a \u00e9tudi\u00e9 des dessins d&rsquo;enfants dont le th\u00e8me est la maison. Ces dessins ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s comme des m\u00e9thodes de test qui nous permet de comprendre la mani\u00e8re dont les enfants pensent et leurs types de sentiments. Quand un enfant dessine une maison, on peut observer des d\u00e9tails int\u00e9ressants et en d\u00e9duire ses sentiments, et cela peut r\u00e9v\u00e9ler des probl\u00e8mes psychologiques dont souffre le petit. Le nombre des fen\u00eatres peut refl\u00e9ter l\u2019invitation des autres \u00e0 savoir ce qui se passe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Laisser la porte ouverte indique son accueil aux autres et en parall\u00e8le une vie saine de l\u2019enfant.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0Anne Balif dit\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque vous demandez \u00e0 l&rsquo;enfant de dessiner sa maison, vous lui demandez de vous r\u00e9v\u00e9ler le r\u00eave le plus profond de l&rsquo;abri o\u00f9 il voit son bonheur. Si l&rsquo;enfant est heureux, il dessinera une maison confortable dans laquelle il y a protection et s\u00e9curit\u00e9. Une maison construite sur des fondations profond\u00e9ment enracin\u00e9es. \u00bb Et quand l&rsquo;enfant est mis\u00e9rable, la maison subit les effets de cette mis\u00e8re.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">La maison de l&rsquo;enfance occupe une place pr\u00e9cieuse au fond de nous, une aura de bonheur qui peut nous contenir, et le contraire peut aussi \u00eatre vrai, car il y a des endroits que nous aimons, mais nous en sommes d\u00e9gout\u00e9s lorsqu\u2019ils nous r\u00e9unissent avec des personnes que nous n&rsquo;aimons pas, ou lorsque nous y vivons des \u00e9v\u00e9nements qui nous font souffrir. Des images de souvenirs nous obligent \u00e0 nous rappeler notre pass\u00e9 lointain car les maisons que nous avons perdues, restent intactes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de nous, et elles nous incitent \u00e0 les prot\u00e9ger et \u00e0 les graver dans notre m\u00e9moire. Elles reviennent \u00e0 la vie comme si elles s\u2019attendaient \u00e0 ce que nous leur donnons ce qui peut combler leur manque de la vie. \u00c0 chaque fois qu\u2019il pleut, les souvenirs de notre ancienne demeure me reviennent ou plut\u00f4t m\u2019envahissent avec ses d\u00e9tails, ses couloirs et son jardin. Et la pluie reste toujours li\u00e9e au parfum de fleur de citron dans ma m\u00e9moire. Quand j\u2019\u00e9tais enfant, d\u00e8s qu\u2019il commen\u00e7ait \u00e0 pleuvoir, je mettais ma robe rouge de pluie et je courais pour descendre les trois marches de l\u2019escalier de la porte arri\u00e8re de la maison. Je me dirigeais vers les citronniers et les bigaradiers dans notre jardin. Je reste l\u00e0-bas contemplent les gouttelettes de pluie coulant sur les feuilles vertes et lumineuses. Je n\u2019ai jamais cess\u00e9 d\u2019observer la pluie avec une joie enfantine qui me revient \u00e0 chaque fois qu\u2019il pleuvait.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Suppl\u00e9ment El-Ittihad Etthakafi\/ l\u2019Union culturelle<\/p>\n<p dir=\"ltr\">Mer 30 sept 21:28<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous restons toujours habit\u00e9s par des multitudes de sentiments profond\u00e9ment ancr\u00e9s dans nos \u00e2mes et de charmants souvenirs de toutes les maisons o\u00f9 nous avons v\u00e9cu autrefois. L\u00e0-bas, nous avons vu s\u2019\u00e9panouir les d\u00e9buts de nos r\u00eaves, nos petites joies quotidiennes et la d\u00e9couverte ainsi que la connaissance de soi. 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